L'INRS l'affirme : 95 % de la population française est exposée à un risque de détérioration de la santé, faute d'activité physique ou en raison d'un temps trop long passé assis. Un chiffre qui surprend, car on associe spontanément la sédentarité au canapé. Pas au bureau.
Faire du sport ne règle pas tout
C'est le point que beaucoup manquent. La sédentarité et l'inactivité physique sont deux problèmes distincts. Quelqu'un qui court trois fois par semaine mais reste assis neuf heures par jour au bureau cumule les deux. Les chercheurs ont un nom pour ça : l'"active couch potato". Des niveaux élevés d'activité physique d'intensité modérée (environ 60 à 75 minutes par jour) semblent atténuer les effets néfastes de la sédentarité, sans pour autant éliminer le risque accru de développer certaines pathologies.
Une étude publiée dans le British Journal of Sports Medicine, portant sur 44 370 adultes suivis avec accéléromètres, a montré que le temps total passé assis reste un prédicteur indépendant de mortalité, à activité physique égale. Autrement dit : une heure de sport quotidienne ne compense pas huit heures d'immobilité au poste de travail.
Qui est concerné ?
En 2024, 28 % des adultes français déclarent passer plus de 7 heures par jour en position assise. Cette proportion dépasse 40 % chez les 18-29 ans, les personnes les plus diplômées et les cadres. Les télétravailleurs figurent parmi les plus exposés.
Ce n'est pas un problème de volonté : c'est un problème de conception du poste de travail.
Ce que ça coûte, concrètement
À l'échelle mondiale, la sédentarité serait à l'origine d'environ 27 % des cas de diabète et 30 % des cas de cardiopathie ischémique. En entreprise, cela se traduit autrement : arrêts de travail, douleurs chroniques, baisse de concentration. Les troubles musculo-squelettiques, directement liés aux postures prolongées, peuvent devenir irréversibles et entraîner un handicap durable. Ils restent la première maladie professionnelle reconnue en France.
Ce que recommande l'INRS
Deux objectifs concrets : interrompre la posture assise toutes les 30 minutes et limiter la durée totale à moins de 5 heures par jour. Réunions debout, pauses actives, aménagement des espaces... Les leviers existent. Mais, en pratique, c'est l'aménagement du poste lui-même qui change le plus les habitudes. Une revue systématique des études disponibles montre que les bureaux assis-debout réduisent le temps passé assis de 70 à 88 minutes par jour en moyenne, davantage que les incitations comportementales seules.
Comment un ergonome peut vous aider à prévenir la sédentarité ?
Un ergonome peut vous aider à dépister les postes problématiques via 2 types d’actions : la sensibilisation des collaborateurs, et/ou un audit des postes . Ces 2 leviers d’action permettent à l’entreprise de réduire les risques pour la santé. L’objectif est double :
- identifier ce qui maintient un collaborateur dans une “mauvaise” position sans qu'il ne s'en rende compte : écran trop bas, siège inadapté ou mal réglé, absence d'espace pour bouger... Ce sont ces détails, accumulés sur des années, qui finissent par coûter cher.
- proposer des actions concrètes immédiates pour améliorer la situation. Certaines actions ne coûtent rien (quelques réglages du post), d’autres nécessitent quelques petits investissements, largement rentabilisés dans le temps au regard des enjeux d’absentéisme.
C'est ce que fait Cocelys : analyser les situations réelles, pas les configurations idéales sur le papier, et proposer des solutions concrètes, adaptées à chaque personne et au contexte de chaque équipe.
Vous voulez savoir où en sont vos postes de travail ? Contactez Cocelys.
Sources
- INRS, Sédentarité au travail et Troubles musculo-squelettiques, inrs.fr
- Santé publique France, Baromètre de Santé publique France 2024, décembre 2025
- OMS/EMRO, L'activité physique - Contexte, emro.who.int
- Ekelund et al. (2020), British Journal of Sports Medicine
- Revue systématique bureaux assis-debout, littérature ergonomique peer-reviewed